Archive janvier 2026

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Affiche du film "Le dernier bus"

Mastermind

4 février 2026 en salle | 1h 50min | Drame, Policier
De Kelly Reichardt | Par Kelly Reichardt
Avec Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro

Synopsis :

Compte rendu de la séance

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MASTERMIND.

The Mastermind
4 février 2026 |
De Kelly Reichardt
Avec Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro

Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.

Dans un film en apparence minimaliste, un film d’inaction en quelque sorte, on remarque les nombreux silences et l’absence d’échanges dans le scénario. Il faut faire très attention aux détails car l’on sait qu’aucune image de la réalisatrice n’est là par hasard. Ainsi, ce petit jeu de questions réponses sous forme de monologue au début du film, monologue car la mère n’écoute pas son fils. Trois configurations possibles: ceux qui disent toujours la vérité, ceux qui disent toujours ce qui est faux, et ceux qui peuvent dire l’un ou l’autre selon les circonstances. Le jeu se complique et se simplifie à la fois en sachant qu’il y deux réponses possibles à chaque question soit OUI soit NON, cependant on remplace OUI et NON par OZL et OZU et on ne connaît pas le sens de ces deux mots. Je vous laisse jouer et ensuite on replace le jeu dans le contexte américain actuel, qui dit vrai qui dit faux ? Sur quoi peut on construire sa vie avec des soubassements si fragiles, si friables, finalement le film serait-il existentiel ?
Mooney, le principal protagoniste du film, ébéniste et architecte de formation , ne souhaite aucunement s’insérer dans la société en exploitant ses deux formations, son beau-père lui reproche de ne pas faire comme son cousin en travaillant pour devenir riche. Le rêve américain se fissure, Mooney est un anti-héros assumé qui passe ses journées dans le musée d’art de la ville de Framingham, près de Boston. Il visite le musée avec un petit badge marqué F, f pour faux , lui qui deviendra un vrai/faux voleur de tableaux des plus amateurs. Le « mastermind «  concocte des plans foireux du début jusqu’à la fin.
A partir du vol, c’est une spirale descendante sans fin pour Mooney. Issu d’un milieu très favorisé, son père étant juge, il prend la fuite poursuivi par la police , est obligé de voler pour survivre, usurpe l’identité de quelqu’un d’autre.
C’est un éloge de la banalité, dans lequel un ami chez qui il prend refuge lui dit que la seule chose qu’il ait fait récemment c’était de se raser la barbe. Passionnant ! Pourtant, il s’en passe des choses au deuxième plan, petites séquences qui s’égrènent tout au long du scénario. Ces courtes images de la de la télévision montrant le drapeau et le chant de l’hymne américain, l’affiche qui fait appel à la conscription des jeunes américains, le poster de Nixon. Surtout ce long plan séquence sur 360 degrés dans une chambre d’hôtel, images d’une banalité totale, contrebalancée par le son d’hélicoptère que l’on ne voit pas dans un premier temps. C’est ce son qui nous intrigue et qui finit par se dévoiler sous forme d’images d’archives d’hélicoptère débarquant des troupes an Cambodge.
Voilà les héros, voilà les vrais hommes américains, ce ne sont pas les manifestants anti-guerre qui feront la loi. Tous des fainéants, tous des drogués et j’en passe. Rejoindre l’armée, cela fera de vous un homme.
Une bande-son remarquable accompagne le film, d’une intensité et d’un rythme toujours inversement proportionnels à la densité de l’action en cours. Point contrepoint magnifique. Je ne dévoilerai pas le dénouement qui clôture parfaitement l’intrigue .

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John