Archive avril 2025

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avril 2025

Affiche du film "Lire Lolita à Téhéran"
Affiche du film "Lire Lolita à Téhéran"
  • Lire Lolita à Téhéran

26 mars 2025 en salle | 1h 47min | Drame
De Eran Riklis
Par Marjorie David
Avec Golshifteh Farahani, Zar Amir Ebrahimi, Mina Kavani
Titre original : Reading Lolita In Tehran

26 mars 2025 en salle | 1h 47min | Drame
De Eran Riklis
Par Marjorie David
Avec Golshifteh Farahani, Zar Amir Ebrahimi, Mina Kavani
Titre original : Reading Lolita In Tehran

Synopsis :

Azar Nafisi, professeure à l’université de Téhéran, réunit secrètement sept de ses étudiantes pour lire des classiques de la littérature occidentale interdits par le régime. Alors que les fondamentalistes sont au pouvoir, ces femmes se retrouvent, retirent leur voile et discutent de leurs espoirs, de leurs amours et de leur place dans une société de plus en plus oppressive. Pour elles, lire Lolita à Téhéran, c’est célébrer le pouvoir libérateur de la littérature.

Compte rendu de la séance

John

« Si vous répétez quelque chose mille fois, cela commence à ressembler à la vérité »

« Tu quitteras l’Iran mais l’Iran ne te quittera jamais ». Tout semble dit dans ce résumé de la vie de Golshifteh Farahani, et du personnage qu’elle joue. Dans le rôle d’Azar Nafisi, professeure de littérature anglaise revenue de l’université de Columbia aux Etats-Unis pour enseigner, Henry James et Nabokov dans sa valise.

Elle espère retrouver son pays en 1979 après la révolution, avec l’idée de s’ouvrir au monde extérieur par le biais de la littérature . Une littérature qui tente tout, qui risque tout , sur le fil du rasoir, surtout quand peu à peu les fondamentalistes s’imposent. On oblige les fillettes à porter le hidjab à partir de l’âge de 9 ans. Les étudiantes lisent le « Great Gatsby » et « Lollta » dans un état islamique et progressivement, les autorités estiment que le régime est violé par le Grand Satan, l’occident décadent. Puisque l’adultère, le viol et la pédophilie n’ont pas droit de cité dans un Iran des mollahs, on arrêtera des étudiantes pour les jeter dans la prison d’Evin, de sinistre réputation. Comme Lolita, qui n’avait nulle part où aller, ces femmes se poseront la question, « Sommes-nous toutes Lolita ? ». La vie et la littérature s’entremêlent, ce n’est pas le visage caché par le voile que l’on voit dans le miroir, mais une autre image de femme libre malgré les tortures et les viols dans les centres de détention.

L’espoir est mince mais la résistance persiste et quelques fissures apparaissent, notamment quand Gomih, apparatchik musulman à l’université, s’immole en criant « Ils m’ont menti ». Son sacrifice témoignera de l’hypocrisie d’un régime basé sur le mensonge, la délation, la terreur et la privation totale de libertés, notamment pour les femmes. Femmes qui diront par moments qu’on leur a tout pris mais qui rêvent encore de mener leur vie comme elles le souhaitent, mariées ou pas, avec ou sans enfants, libres de « se dévoiler » au sens propre comme au figuré.