Archive décembre 2024

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décembre 2024

Affiche du film "Révolution Sida"
Affiche du film "Révolution Sida"
  • Révolution SIDA

30 novembre 2022 en salle | 1h 52min | Documentaire
De Frédéric Chaudier
Par Frédéric Chaudier

30 novembre 2022 en salle | 1h 52min | Documentaire
De Frédéric Chaudier
Par Frédéric Chaudier

Synopsis :

Qu’évoque le SIDA aujourd’hui ? Les nouvelles pandémies nous rappellent à quel point le SIDA a été un tournant. Révolution SIDA pose un regard sans concession sur ce que cette maladie a provoqué et inflige encore, de l’Afrique du Sud à la Chine, de la Russie à la Thaïlande. Des artistes, des responsables politiques, des chercheurs et des témoins décrivent cette révolution sanitaire que l’on croit à tort passée. En dépit des évolutions exceptionnelles de la science et de la médecine, ils dressent un constat glaçant des dysfonctionnements politiques et sociaux engendrés par la maladie : les injustices quant à l’accès aux soins, les discriminations à l’égard des minorités et surtout l’absence de réelle volonté politique qui participent tragiquement à la progression du virus.

 

Compte rendu de la séance

John

Petit rappel utile. QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE INFECTION PAR LE VIH ET SIDA ?

L’organisme n’est pas capable d’éliminer complètement le VIH. Cependant, quand quelqu’un a le VIH, il ne va pas être malade tout de suite car le VIH met en général plusieurs années avant d’affaiblir sérieusement les défenses immunitaires. On ne parle de sida que lorsqu’une personne développe une maladie opportuniste (Toxoplasmose, pneumocystose, infection à CMV…). C’est l’apparition d’une ou de plusieurs de ces maladies qui marque l’entrée dans une phase sida. A retenir : Quand une personne a le sida c’est qu’elle a déjà forcément le VIH, Toutes les personnes infectées par le VIH n’ont pas forcément développé le sida, Les traitements actuels ont pour but d’empêcher que l’infection par le VIH évolue vers le sida, Les traitements actuels permettent aussi de revenir à une phase avant sida si celle-ci était survenue chez des personnes vivant avec le VIH. Le petit rappel ci-dessus paraît utile au vu des témoignages de l’équipe des CEGGID 18, (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic) Francesca BISIO et Ludivine, respectivement médecin et infirmière, qui étaient dans la salle hier soir pour nous éclairer. Au lendemain d’une journée de sensibilisation et de dépistage gratuit à Vierzon, leur présence parmi nous était très appréciée pour commenter le documentaire que nous nous venions de voir.

Un film documentaire très riche en renseignements et qui rappelle, dès les premières images, l’objectif des Nations Unies d’éradiquer le SIDA avant 2030, avec un combat thérapeutique engagé depuis 35 ans maintenant. Il est clair que l’objectif ne sera pas atteint, faute de moyens financiers et faute d’une réelle volonté de gouvernance mondiale de la santé. Il est consternant d’apprendre que la Chine et les pays du Golfe ne contribuent aucunement au financement de ce programme et l’on évoque « un système global cassé, qui ne tient pas compte d’un droit à la préservation de la santé comme un droit de l’homme fondamental.» Une bonne santé est le privilège des riches, une santé précaire l’apanage des pauvres. Pour soutenir cette thèse Frédéric Chaudier, le réalisateur, mène ses enquêtes en Afrique du Sud, en Russie, en Inde, en Thaïlande, en Chine et aux États-Unis. Dans chacun de ces pays, nous rencontrons des problématiques distinctes en fonction de critères politiques, sociaux et culturels différents, et c’est l’étude de certaines spécificités de chacun de ces pays qui nous est montrée. Nous apprendrons qu’en Afrique du Sud, dans certaines communautés zouloues, 70% des habitants sont contaminés, les enfants sont considérés comme des citoyens de seconde classe et que le viol d’une vierge est considéré par certains hommes comme une manière de se protéger contre le Sida. Il y aurait 2,5 millions orphelins du SIDA. Le témoignage d’un juge atteint par la maladie montre qu’il dépensait 30% de son salaire pour se soigner et guérir. Le système de Santé Publique est défaillant et délaisse les pauvres.

En Chine dans la région du Hannan, région très pauvre, 5 ou 6 millions de chinois ont été contaminés en vendant leur sang à raison de 7 euros par litre. Des dons effectués dans des conditions sanitaires déplorables, au début dans la méconnaissance des dangers encourus, mais par la suite avec un choix politique de « mettre le couvercle sur le ratage » et de continuer, la maladie étant considérée comme étant réservée aux populations décadentes occidentales et incapables ainsi de toucher le paysan chinois « propre ». Dans le culte de la croissance à tout prix le gouvernement s’intéresse aux 300 millions de chinois constituant les classes moyennes, on poursuit le grand bond en avant, comment faire une omelette sans casser des oeufs ? En Russie, d’autres populations à risque sont montrées, les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues. La méthadone, un médicament opioïde que l’on utilise pour soulager les douleurs graves et la dépendance aux opioïdes.présenté sous forme buvable ou de comprimé est illégale dans ce pays, ainsi on continue à partager des seringues et propager la maladie. La criminalisation s’ajoute à la stigmatisation des publics cibles. Certains experts interrogés parlent même de génocide voire de suicide, la rapacité des multinationales du médicament servant d’abord leurs actionnaires dans un élan capitaliste débridé, la déclaration de L’OMS en 1978 et son slogan « LA SANTE POUR TOUS » reste un vain mot.

Petite note optimiste pour clore la soirée, Mme Bisio, médecin du CEGGID a affirmé que les meilleurs médicaments actuellement disponibles sont accessibles partout, y compris dans les pays pauvres. Encore faut-il pouvoir les trouver.