Archive février 2025

Archive

février 2025

Affiche du film "Ernest Cole, photographe"
Affiche du film "Ernest Cole, photographe"
  • Ernest Cole, photographe

25 décembre 2024 en salle | 1h 45min | Documentaire
De Raoul Peck
Par Raoul Peck
Avec Lakeith Stanfield, Lakeith Stanfield, Raoul Peck
Titre original : Ernest Cole: Lost and Found

25 décembre 2024 en salle | 1h 45min | Documentaire
De Raoul Peck
Par Raoul Peck
Avec Lakeith Stanfield, Lakeith Stanfield, Raoul Peck
Titre original : Ernest Cole: Lost and Found

Synopsis :

Ernest Cole, photographe sud-africain, a été le premier à exposer au monde entier les horreurs de l’apartheid. Son livre House of Bondage, publié en 1967 alors qu’il n’avait que 27 ans, l’a conduit à s’exiler à New York et en Europe pour le reste de sa vie, sans jamais retrouver ses repères. Raoul Peck raconte ses errances, ses tourments d’artiste et sa colère au quotidien, face au silence ou la complicité du monde occidental devant les horreurs du régime de l’Apartheid. Il raconte aussi comment, en 2017, 60 000 négatifs de son travail sont découverts dans le coffre d’une banque suédoise.

 

Compte rendu de la séance

John

« L’homme total ne vit pas qu’une seule existence ».

C’est ainsi que s’exprimait Ernest Cole et à travers l’objectif de son appareil photo il partageait l’existence de souffrance des millions de ses compatriotes sud-africains noirs. Inspiré par le travail de Cartier-Bresson et son livre « Moscou » publié en 1955, son but était de témoigner de la réalité quotidienne de ses compatriotes. La vie des sous-citoyens noirs, intrus chez eux, victimes depuis trois cents ans d’une vision suprémaciste du monde, l’homme blanc en maître, l’homme noir en serviteur. Ceci le plus naturellement possible, une évidence indiscutable, exposé dans le regard effrayé et humilié des habitants des bantoustans, le regard de mépris des blancs affichant la violence tranquille des privilégiés..Un peuple noir déplacé et banni selon la bonne volonté du gouvernement blanc suite à « L’acte d’administration des peuples indigènes » de 1927, autorisés à se déplacer chez eux avec des laisser-passer, prisonniers dans leur propre pays .

Ernest Cole montre au monde l’apartheid en Afrique du Sud dans son livre « House of Bondage » « La maison des servitudes » publié en 1967 à New York et interdit en Afrique du Sud, tout comme son auteur qui sera banni par contumace et qui ne pourra jamais retourner dans pays natal. Son pays natal devenu intolérable, un Cole apatride sera confronté à la vie des noirs aux Etats-Unis, et après une première impression de liberté dans les villes du nord il découvrira la réalité autrement plus sombre des états du sud. Il écrira que s’il avait peur d’être arrêté en Afrique du Sud, il craignait d’être tué aux Etats-Unis. Cette peur permanente, cette injustice insupportable, le mal du pays et son exil forcé le tueront à petit feu.

C’est un magnifique film documentaire primé à Cannes en 2024 du réalisateur Raoul Peck que nous connaissons bien à Ciné-Rencontres. Nous avons déjà passé « Le Jeune Karl Marx » et « I Am Not Your Negro ».

Nous avons parlé d’autres films projetés déjà à Vierzon qui évoquent le même sujet, notamment « Loving » de Jeff Nichols et « Green Book » de Peter Farrelly.