Archive Mars 2024

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Mars 2024

  • Comme un fils

6 mars 2024 en salle | 1h 42min | Drame
De Nicolas Boukhrief
Par Nicolas Boukhrief, Eric Besnard
Avec Vincent Lindon, Karole Rocher, Stefan Virgil Stoica
6 mars 2024 en salle | 1h 42min | Drame
De Nicolas Boukhrief
Par Nicolas Boukhrief, Eric Besnard
Avec Vincent Lindon, Karole Rocher, Stefan Virgil Stoica
Synopsis :

Jacques Romand est un professeur qui a perdu sa vocation. Témoin d’une agression dans une épicerie de quartier, il permet l’arrestation de l’un des voleurs : Victor, 14 ans. Mais en découvrant le sort de ce gamin déscolarisé que l’on force à voler pour survivre, Jacques va tout mettre en œuvre pour venir en aide à ce jeune parti sur de si mauvais rails. Quitte à affronter ceux qui l’exploitent.

En luttant contre les réticences mêmes de Victor pour tenter de lui offrir un avenir meilleur, Jacques va changer son propre destin…

Compte rendu de la séance

Edwige

Ce film fait le récit d’une rencontre entre Jacques, professeur de français, désabusé, esseulé et Victor, jeune enfant Rom maltraité et exploité.
Après avoir contribué à l’arrestation de Victor, Jacques se trouve amené à le prendre en charge, demandant dans un premier temps de l’aide pour le placer. Jusqu’à ce qu’une rencontre avec une éducatrice qui travaille dans une association qui accueille les migrants lui fasse comprendre que ce qui est important, c’est l’enfant ; elle lui explique aussi qu’apporter une aide non adaptée peut entraîner aussi la mise en danger de la personne aidée.

Alors Jacques décide de prendre le destin de Victor en main, ce qui n’est pas si facile, tant leurs deux mondes sont éloignés – quand Victor parle de « respect », il ne mesure pas combien cette notion n’a aucun sens pour un enfant qui n’a jusqu’alors appris qu’un chose, le vol, obligé qu’il est de rapporter assez d’argent le soir à un oncle sous peine de recevoir des coups.
Le film nous fait approcher plein de sujets dramatiques : les difficultés des enseignants à trouver encore du sens à leur métier, le manque de moyen des structures chargées de prendre en charge les personnes en difficultés (les appels téléphoniques au 119 sont souvent vains), les conditions de vie des Roms (« les Roms, personne n’en veut ») et aussi le deuil et la filiation : « Comme un fils », c’est avec la générosité d’un père que Jacques va aider Victor. Après l’avoir soigné et nourri, il lui propose de lui apprendre à lire et à écrire : « Tu lis, tu as ta place ». En lui permettant d’avoir sa place, Jacques va peut-être aussi lui aussi re-trouver sa place, une place où transmettre des connaissances a du sens.

Ce film se déploie dans un rythme lent et de façon « soft » à l’image de la patience qu’il faut à Jacques pour conquérir la confiance de Victor et aussi à l’image du regard généreux et bienveillant que Jacques souhaite garder sur un monde où la violence est partout. Certes, comme l’ont fait remarquer quelques adhérents, c’est un peu étonnant que ce film ne soit pas plus percutant pour illustrer cette violence. Mais, le jeu des deux acteurs, Vincent Lindon et Stefan Virgil Stoica (jeune acteur roumain casté dans une école d’art dramatique en
Roumanie) est très sobre et juste et donne une belle dimension au film qui, à mon sens, marche bien.