Archive mars 2025

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mars 2025

Affiche du film "Prima la vita"
Affiche du film "Prima la vita"
  • Prima la vita

12 février 2025 en salle | 1h 50min | Drame
De Francesca Comencini | Par Francesca Comencini
Avec Fabrizio Gifuni, Romana Maggiora Vergano, Anna Mangiocavallo
Titre original Il tempo che si vuole

12 février 2025 en salle | 1h 50min | Drame
De Francesca Comencini | Par Francesca Comencini
Avec Fabrizio Gifuni, Romana Maggiora Vergano, Anna Mangiocavallo
Titre original Il tempo che si vuole

Synopsis :

Un père et sa fille habitent les mondes de l’enfance. Il lui parle avec respect et sérieux, comme à une grande personne, il l’entraine dans des univers magiques débordants de vie et d’humanité. Il est le grand cinéaste de l’enfance et travaille sur Pinocchio. Un jour, la petite fille devient une jeune femme et l’enchantement disparait. Elle comprend que la rupture avec l’enfance est inéluctable et a le sentiment qu’elle ne sera plus jamais à la hauteur de son père. Alors elle commence à lui mentir et se laisse aller, jusqu’au bord du gouffre. Le père ne fera pas semblant de ne pas voir. Il sera là pour elle, tout le temps qu’il faut.

Compte rendu de la séance

John

Il est curieux que l’on présente le film avec le titre « PRIMA LA VITA » en oubliant « POI IL CINEMA » tellement les deux sont liés. D’abord la vie puis le cinéma, chez les Comencini, on pourrait presque inverser les propos quoique le père Luigi soit prêt à tout abandonner pour protéger sa fille Francesca et la garder vivante. D’abord la vie dans une recherche de justice sociale, un traitement égalitaire pour les garçons et les filles, une confiance absolue dans les enfants qui ne naissent pas méchants. On entend qu’il faut se méfier des « bons » et chercher le bon chez les méchants.

Il y a quelques semaines, on a réfléchi aux raisons pour lesquelles on allait au cinéma, hier, j’ai suggéré avant la projection que la question posée ce soir pourrait être « pourquoi fait-on des films ? »

En effet c’est un film qui est clairement une ode au septième art qui s’ouvre et se termine sur une vieille image peu stable et le cliquetis d’un projecteur d’un autre âge, nous verrons d’autres extraits de films anciens si chers à Luigi Comencini.  Une mise en abyme, des films dans le film, avec dès le début Francesca constamment dans le champ visuel de son père. La réponse à la question est clairement annoncée, Luigi Comencini fait des films pour s’échapper et laisser s’épanouir son imagination, Francesca pour régler ses comptes en quelque sorte tout en rendant hommage à son père.

Un père dans une relation fusionnellle, qui a constamment peur de ne pas être à la hauteur, qui a connu l’échec et qui aura ce conseil extraordinaire pour Francesca « échoue encore, mais échoue mieux » au moment de sa vie où elle sombre dans la drogue.

Des scènes très fortes se succèdent, la claque, le mépris affiché sont terrifiants, pourquoi n’a t-on pas fait un Pinocchio à l’envers ? D’abord un garçon espiègle et toutes ses bêtises, ensuite un mannequin en bois.  Un Pinocchio qui trouverait une magnifique bille au milieu des déchets dans un plan large, un regard humaniste qui englobe toute la société.

Un cinéma qui permet de sauter du Sahara à Paris en une image, un cinéma qui ouvre toutes les portes, qui fait peur, fait rêver, cinéma magique avec ses lumières et ses musiques, qui défend la mémoire historique et s’élève contre la barbarie. Je ne citerai pas toutes les références.

On entend la chanson de Neil Young et ses paroles, «  Rock and roll will never die, there’s more to the picture than meets the eye »  « Il y a plus dans l’image que ce que l’on voit de prime abord »  Surtout un métier et du travail.

Alors fouillons les images et trouvons les billes.